Pensées et Réflexions

Laisse-moi pas être seule… 

Laisse-moi pas être seule. Pas dans ce moment de vulnérabilité. Pas lors de mon dernier souffle. Jamais. Ne me fait pas cette douleur de ne pas être à mes côtés pour me rassurer quand mon rythme cardiaque s’effondre et que mes signes vitaux peinent à s’activer. Je n’ai pas vécu ma vie pour finir seule dans ce tissu bleu macabre qui me donne un teint verdâtre à en faire envier le gazon du voisinage. Ça ne peut pas être ça. Je refuse de croire que je suis réduite à ça. Un squelette grelottant avec une chair devenue si limpide que tes bras aurais sans doute peur de l’enlacer. 

J’ai tant donné. Tant aimé. Tant voulue être parfaite pour toi. Pour vous. J’ai dédié ma vie à rendre la votre possible. Je vous ai bercé, nourri et appris tout ce qui fait de vous des êtres fonctionnels aujourd’hui. Je n’ai jamais compté mes heures ni reçu de prestation pour l’attention que je vous ai donnée alors pourquoi me faites-vous sentir que mon hospitalisation est un fardeau dans votre horaire? Je ne comprends pas. Je n’ai pas su me mettre à jour. J’aurais préféré vous aviser par une alerte sur twitter ou un update sur Facebook, mais lorsque je vous ai demandé de m’aider à comprendre le fonctionnement de ces réseaux sociaux qui vous tiennent si occupés,  vous m’avez fait comprendre que j’étais désuète et que l’investissement de votre temps ne servirait à rien. 

Je suis désolée. Je suis désolée d’être faible et de ne pas avoir la patience et la vitalité qui m’habitait il y a quelques temps. J’aimerais être la mère forte vers qui vous accourez pour du réconfort. J’aimerais vous dire que tout va allez et que ce n’est qu’une mauvaise passe. Vous redire cette phrase que j’ai usé si souvent que mes lèvres les divulguent tel un réflexe: « maman est là, tout va bien maintenant ». Mais aujourd’hui, c’est de vous que j’ai besoin, mais vous n’êtes pas là. 

Je sens la vie qui s’échappe de moi un peu plus à chaque clignement qu’opèrent mes yeux. Je suis seule à nouveau, avec ces maux que vous prenez pour acquis et qui selon vous sont le résultat d’une quête d’attention. Mais demain, je ne serai plus là. Je ne pourrai pas vous consoler de mon absence. Peut-être qu’en me perdant vous réaliserai tout cela. Que le temps passe vite. Que la vie est rempli de belles choses mais que vous n’avez pas su bien investir votre attention. Alors ne pleurer pas sur mon sort. Prier pour qu’à votre tour, lorsque vous aurez froid et que vous aimeriez faire autre chose que regarder les nouvelles dans la salle d’attente de l’hôpital, vous enfants auront compris que vous êtes une priorité et que vous n’aurez pas à délaisser votre envie de battre pour votre vie afin de ne plus être un fardeau pour eux. Je vous l’ai dit en prémice : j’ai dedié ma vie à faciliter la votre… jusqu’à mon dernier souffle! 

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J’ai passé du temps en centre hospitalier dernièrement et j’ai été attristé d’être témoin de la situation qui a inspiré ce texte. Ne prenez pas la santé de vos parents et grand-parents pour acquis. La vie est trop courte.

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