Pensées et Réflexions·voyage

La vie et le voyage


Il y a des moments dans la vie, des endroits, des instants qui nous prennent par surprise et qui nous obligent à prendre conscience de qui nous sommes et de notre cheminement. Souvent, en fait presqu’en totalité, ces instants sont survenus en voyage. C’est peut-être d’ailleurs ce qui fait en sorte que je cherche à m’évader si souvent. J’ai une quête de l’ailleurs qui m’habite, me hante et qui chaque fois me change un peu et me rapproche de la personne que je veux être. Il n’y a pas de secret dans la vie : tu travailles pour atteindre tes objectifs et éventuellement tu les acquériras. Ce n’est pas que le fait de voyager m’oblige à dépasser mes limites (même si c’est souvent le cas), c’est que dans le brouhaha du quotidien, voyager me permet de prendre le temps et d’arrêter. 
Si vous me suivez depuis un bon moment, vous avez sans doute lu mon article sur le TDAH. Ainsi, vous savez que sans médication, le fait de vouloir arrêter le tourniquet dans ma tête, de vouloir ne traiter qu’un onglet à la fois, de me centrer sur une seule chose, devient incroyablement difficile. C’est une force et une faiblesse à la fois. Lorsque je suis loin de mes repères, j’ai l’impression de réapprivoiser ma tête. N’allez pas croire que je ne la contrôle pas, ce n’est aucunement le cas. Cependant, avec mon horaire de travail, mes responsabilités au boulot et le temps que je passe au gym et à préparer les repas, je deviens facilement occupée et il peut m’arriver d’oublier de chiller un brin. 

On me demande souvent pourquoi je voyage. J’ai tant de raisons et si peu à la fois. Comme chaque personne qui a été piquée par l’insecte qui transmet le wanderlust ,je le fais pour mille raisons et sans raison à la fois. Pour oublier et pour comprendre. Pour relaxer et être stimulée. Pour me sentir comprise et différente. Pour connaître les autres et mieux me connaître. Mes raisons ne sont pas compréhensible pour tous et les vôtres ne le sont pas nécessairement pour moi. Chaque voyage à sa raison d’être et c’est bien comme ça. Par moment je veux le partager et à d’autres je ne la découvre qu’en chemin. Je n’ai donc pas de réponse précise à donner… mais je peux dire que je le fais pour tout ce que j’en retire. 
Aujourd’hui, j’ai commencé à écrire sans savoir pourquoi. J’étais préoccupée et je devais gérer le trop plein émotif en mettant des mots pour exprimer le trop plein (parce que parfois les mauvaises nouvelles arrivent par facetime et que c’est impossible de serrer tes parents dans tes bras alors tu te contentes de leur envoyer un bec via l’écran). En quelque sorte, voyager c’est aussi ça. C’est se retrouver devant tant de beauté, tant de grandeur qu’on questionne notre rôle dans la préservation de la nature ainsi que notre compréhension de ce qui est plaisant pour les yeux. C’est aussi se retrouver démunie en étant témoin des conséquences de la crise liée aux fentaniles à l’autre bout du pays. Voyager, en sortant des sentiers battus, c’est se mettre en situation de vulnérabilité où le superficiel s’efface pour laisser place au réel. Et parfois, comme c’est le cas dans la vie, on aimerait mieux fermer les yeux sur le moins beau pour ne pas biaiser notre vision d’une situation. Mais s’il y a une chose que j’ai apprise en voyageant c’est bien celle-ci : la vie n’est jamais formée que de beau et nous devons rester humble et conscient en regardant l’ensemble de son oeuvre. En ayant des attentes trop élevées, nous ne pouvons qu’être déçues et l’instant que l’on commence à prendre le moindre élément positif pour acquis, tout ce qui se retrouve en-dessous perd de la valeur. Il faut continuer de s’émerveiller des petites choses et de se retrouver bouchebée devant les grandes. Il faut faire la paix avec le fait que la vie ne nous doit rien et que c’est à nous de faire notre propre chemin. C’est tellement facile d’avoir la tête dans les nuages…. il n’y a rien comme un avion qui atterrit à un nouvel endroit pour nous ramener sur terre! 

Alors même si aujourd’hui le soleil brille un peu moins fort et que les montagnes semblent un peu plus haute et difficile à escalader, je remercie la vie de pouvoir continuer d’explorer et de découvrir. Je ne ferme pas les yeux sur l’envolée d’une grande dame, mais je me dis que tout comme elle l’a fait durant les quatre-vingt-douze dernières années, je dois profiter de chaque instant et sourire au ciel lorsque des épreuves surviennent. 

Bon voyage mamie! 

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