voyage

Ce que je voudrais te dire mon amie qui a des enfants…

Je suis heureuse pour toi. Tu sembles comblée de bonheur avec ta petite famille. Tu mènes une vie active et qui va bien. En toute franchise, je te trouve courageuse. Tu as pris la décision de fonder une famille dans notre société actuelle où un millier de raisons auraient pu te convaincre de t’abstenir. Malgré le travail, malgré le trafic, malgré l’incertitude et le préjudice qui domine présentement, toi, ma belle amie, tu as trouvé la force de te réjouir en voyant les deux petites lignes apparaître sur la bandelette sur laquelle tu venais d’uriner. Lorsque tu me l’as appris, je t’ai souris, avec toute la sincérité du monde, et je t’ai félicité. Jamais le fait que tu deviennes une maman ne m’a dérangé. Au contraire. J’ai liké les 90 000 photos quotidiennes que tu as publiées sur Facebook en comprenant très bien, au même titre que lorsque je publie mes photos de voyage, que tu étais fière de ton nouveau bonheur et que tu souhaitais le partager. Je t’ai écouté parler de la petite gardienne que tu n’es pas certaine de truster, des frais exorbitants des services de garde et de la difficulté à cuisiner pour tes enfants à cause des allergies. Et ça ne m’a jamais dérangé. J’ai continué à te voir. À planifier des activités avec toi en tenant compte, la majorité du temps, de ta nouvelle réalité. Mais là, je suis tannée.

Je suis tannée de voir le rassemblement propagandiste de mères frustrées qui se placent sur un piédestal en comparaison au reste des humains sous prétexte qu’ils ne savent pas c’est quoi être mère. Je suis tannée d’entendre que je ne sais pas réellement c’est quoi être fatiguée parce que je n’ai pas d’enfant. Ou pire encore : si je suis fatiguée, c’est mon choix. Devine quoi la belle amie : si tu pensais que le moment où ton chum et toi avez décidé d’enlever le goaler que le bébé qui en résulterait ferait ses nuits et serait autonome dès le cordon ombilical coupé, tu étais sérieusement naïve. Ta décision d’avoir un enfant, donc par la bande de moins dormir, se situe au même niveau de ma décision de devenir gestionnaire et de faire des journées de 16 heures par moment. C’est un choix. Pour le meilleur et pour le pire. Je ne t’en voudrai jamais d’être fatiguée ou démotivée parce que c’est une caractéristique humaine alors j’ai beaucoup de difficulté à concevoir que tu te permets de snober mon état de fatigue, indépendamment de ce qui le justifie. Et juste comme ça, si tu es misérable au point où tu dois dévaloriser les autres pour te sentir mieux, prend une pause! Le fait de prendre une soirée de congé sera bénéfique autant à toi qu’à tes enfants.

Parlant de pause, je tiens à t’apporter une petite précision concernant le gardiennage et à quel point tu te sens coupable lorsque tu fais garder tes enfants. Je travaille avec les enfants et leurs parents. Je les accueille à quatre ans et je leur dis au revoir à douze ans. Des styles parentaux et des manières d’éduquer, j’en ai vu plus d’un et je fais toujours mon possible pour faire la part des choses. Par contre, s’il y a une chose dont je peux témoigner sans l’ombre d’un doute, c’est que la théorie de l’attachement est l’élément le plus important pour un bon départ dans la vie. La ligne importante à retenir : l’attachement sécure ne se crée pas en étant constamment à côté de ton coco. Au contraire, c’est une bonne façon de lui faire faire de l’anxiété. Alors pour ta santé mentale et affective, ainsi que celle de ton enfant, permets-toi dont des moments de repos et de répit. Ça ne fait pas de toi une mauvaise mère et personne ne te jugera. En fait c’est faux, quelqu’un te jugera : TOI!

La dernière chose que j’aimerais te dire, petite maman que j’aime tant, c’est qu’au même titre que je respecte et tiens compte de ton mode de vie, j’apprécierais que tu tiennes compte du mien. Je t’aime et j’aime tes enfants. Par contre, tu dois comprendre que je n’ai pas toujours envie d’aller chez toi et que ça me désole lorsque la seule fois dans l’année où je t’invite tu refuses. J’ai besoin que tu comprennes que ma vie continue, que j’ai des projets plein la tête et que je ne veux pas toujours me priver de les réaliser parce que tu as des enfants et que j’ai fait le choix d’attendre. Tu dois comprendre que parfois je m’ennuie de mon amie à qui je pouvais me confier sans avoir l’impression d’être mise sur mute pendant que tu règles un conflit en arrière-plan. Je m’ennuie de toi et parfois j’ai l’impression qu’une portion de ta personnalité a été expulsée en même temps que le placenta, mais ça je ne te le dirais jamais parce que la réponse serait la même : je ne sais pas c’est quoi être une mère.

Par-dessus tout, je veux que tu saches qu’à défaut de savoir ce que c’est d’être une mère, je sais ce que c’est d’être une amie. Et sache que ça, ça ne changera pas. Même si les concessions se font à un ratio de 4 :1 , je vais continuer de les faire parce que tu es importante pour moi. Et pour toi, l’amie mère qui chiale que ses amies ne l’appellent plus, questionne-toi à savoir si tu as complété ton quart du marché. As-tu pris le temps de demander à ta chum comment elle va? L’as-tu écouté? Passes-tu ton temps à te plaindre et à parler pour t’écouter? La distance s’est peut-être creusée là… Parce que la fatigue et le manque de motivation ne sont que des excuses pour expliquer que certains amis se sont dispersés. Je suis sans enfant et j’aime bien me coucher à 21h30 le vendredi soir pour récupérer de ma semaine.

Cela dit, je t’aime mon amie, avec enfant ou pas!

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