Non classé·Pensées et Réflexions

Chère fille célibataire…

Chère fille célibataire qui voudrait tant être en couple,

Je le sais, la Saint-Valentin approche et tu as l’impression d’être la seule au monde à ne pas avoir d’homme à tes côtés avec qui prendre un selfie pour ensuite clamer sur tous les réseaux sociaux que tu es la fille la plus chanceuse du monde d’avoir enfin trouvé le bon. Je sais aussi que tu vas mettre plein de photos à caractère humoristique pour dédramatiser le fait que tu n’as pas d’amoureux en essayant d’en rire  plutôt que d’en pleurer. Mais, ce que je ne sais pas, c’est si tu réalises à quel point la Saint-Valentin ne signifie rien. Ce n’est qu’une journée au calendrier qui fait augmenter  les ventes de chocolat et de fleurs. Il y a surement une augmentation de vente de condoms et de chambre d’hôtel aussi, mais ça, c’est  une tout autre histoire. Bref, ce n’est pas facile de se faire pitcher de la romance dans la face et je le comprends. Je veux donc en profiter pour te souhaiter que cette Saint-Valentin, tu puisses te concentrer à développer une seule relation : celle avec toi-même.

Ouf! Tout un contrat, non? Tu vas sans doute avoir besoin de batteries si tu prends mon énoncé au premier niveau. Mais j’aimerais t’amener plus loin. Te faire prendre conscience de tout ce que ça  peut t’apporter de te concentrer sur toi. Quoi de mieux qu’un petit témoignage assez personnel pour y arriver?

Je n’ai jamais été très populaire au primaire. J’étais habillée bizarre (même si le fluo était à la mode à l’époque, j’avais tendance à en abuser) et mon toupet frisé qui était tout sauf droit me donnait légèrement l’air d’être tout sauf saine d’esprit. Ajoute à ça le fait que j’étais constamment dans la lune, hyper timide et très maladroite, et tu as la recette gagnante de la petite fille parfaite à intimider. Et crois-moi, je l’ai été. Vois-tu, j’ai grandi dans une moyenne ville où je devais me rendre à l’école par autobus même si l’école du quartier était de l’autre côté de la rue puisque je n’étais pas comme les autres : j’allais dans une école anglaise où le primaire et le secondaire se partageaient l’établissement et le transport. Si vous êtes de Montréal, cela peut vous paraître banal comme détail. Mais en région, ce fait était équivalent à voir un ovni en forme de Chewbacca  déambuler dans le ciel en faisant jouer du Shakira à tue-tête. Bref, je  me suis sentie comme une alienne une bonne partie de mon enfance et j’ai développé une écoeurantite aiguë à la phrase : dis-moi quelque chose en anglais. Oh! J’allais presque oublié de mentionné que je faisais de l’embonpoint qui, malgré les petites jokes de gras de bébé, me rendait encore plus vulnérable puisque j’ai compris dès la maternelle que ce n’était pas beau d’avoir du mou sur le corps.

Faisons un saut vers le secondaire : j’avais développé  une passion presque obsessive sur la musique et le théâtre et j’ai découvert que mentir pour obtenir de l’attention était drôlement efficace! Tranquillement pas vite, les intimidateurs de mon primaire ont diplômé et j’ai pu m’épanouir davantage tout en tombant amoureuse de chaque garçon qui me parlait. Et puis, déclic, j’ai perdu un peu de  poids, j’ai découvert la magie de Cover Girl et je me suis fait des amis cool à  l’extérieur de l’école. Je me trouvais tellement hot à envoyer promener ma mère et à croire que j’avais raison sur tout.  J’ai commencé à expérimenter, à devenir une fille superficielle, au-dessus de ses affaires et tout le contraire de ce que je suis aujourd’hui. Et puis, je suis déménagée dans un petit village où tout le monde se connait et où, même si j’étais toujours l’alien qui parle anglais, j’ai pu faire des meilleurs choix et m’entourer des bonnes personnes.

Je vais t’épargner mes années de Cégep et d’université qui sont principalement un pas-si-équitable mélange de partys (85%)  et d’études intensives (15%). Ensuite, mariage, fausse couche et divorce. Par la suite, relations éphémères en boucle. Et puis, un jour j’ai décidé de partir seule en Europe. Et c’est là que j’ai compris.

Pour comprendre où j’en suis, je crois qu’il est essentiel de comprendre qui j’ai été. Et avec mon lot d’éléments désagréables, je pourrais très bien me donner des excuses pour ne faire que mon minimum dans la vie. Par contre, tout ce que  j’ai été, tout ce que j’ai vécu, toutes les insultes, les moments où je me suis sentie isolée et mes daddy issues  m’ont amené où je suis aujourd’hui : une femme comblée en amour et dans sa carrière. Chaque moment difficile m’a amené à grandir, même si le délai fut parfois long entre le vécu et le changement. Cela dit, il m’a fallu un moment seul avec moi-même. Loin de  tout ce que  je connais. Sans repère. Sans  échappatoire quelconque. Pour moi, ce fut un voyage de l’autre côté de l’océan pour réaliser la valeur que j’ai dans ce monde. Pour d’autres, c’est un bain chaud qui dure quatre heures. L’important est de prendre le temps de s’arrêter et de faire le point sur ce que l’on veut vraiment dans la vie. De faire un plan concret. De se fixer des objectifs spécifiques et des attentes réalistes envers soi-même. Mais  par-dessus tout, un temps pour se pardonner. Et laissez-moi vous dire, c’est cette étape qui est la plus longue.

Cela dit, le jour où j’ai décidé d’être heureuse, où j’ai décidé de prendre du temps pour moi, la vie me l’a rendu. Elle  m’a fait réaliser que  je n’avais aucunement raison de redouter les inconnus de  craintes qu’ils me jugent en mettant des gens incroyables  sur ma route. Elle m’a fait réaliser que le fait de parler en anglais était mon plus grand atout puisque j’arrivais à communiquer dans tous les pays que j’ai visités. Elle m’a fait prendre conscience que dans certaines cultures, le fait d’avoir des courbes est synonyme de beauté et que j’étais belle. La vie  m’a démontré que toutes les choses qui m’avaient marqué dans mon enfance étaient biaisées par la perception que j’avais de moi-même. J’ai compris que les limites que je m’imposais, que la souffrance que je vivais intérieurement et qui  m’empêchaient de cheminer était majoritairement le reflet de ce que je pensais mériter. En me blâmant pour chaque situation négative que je vivais et en expliquant les situations positives comme étant de la chance, je ne m’attribuais aucune valeur. Dans la vie, je suis convaincue que l’on attire ce que l’on dégage. En dégageant du négatif, il allait donc de soi que je n’attirais rien de bon. Le jour où j’ai décidé de m’aimer et d’être heureuse, j’ai fait le choix de m’entourer que de bien. Ce jour-là, j’ai décidé que j’allais me faire confiance et trouver une façon d’être heureuse en dépit de toutes les petites choses agaçantes.

Ne va pas croire que je suis toujours en train de gambader dans les champs avec des unicornes qui attachent ma robe. Loin de là. Mais je suis dans une relation saine où je m’épanouis en tant qu’individu et où je comprends réellement ce que c’est d’être aimé et d’aimer en retour. Cela n’aurait pas  été possible auparavant. Je m’épanouis dans un poste de gestion où je me dois de faire confiance à mes capacités et où je n’aurais jamais pu être si ce n’était de l’estime que j’ai développée envers moi-même. Je continue d’avoir des craintes et certains mécanismes de défense font surface de temps à autre. Mais j’ai confiance en moi et en la vie alors je ne peux qu’espérer ce qu’il y a de mieux.

Alors, pendant que tu vas voir défiler les photos sur Facebook de  tous ces couples qui semblent heureux et que tu te surprends parfois à envier, je te souhaite de prendre du temps pour toi. De  te questionner sur le pourquoi de ton célibat et sur la raison qui fait en sorte que tu te sens si horrible de ne pas être en couple. Tu mérites le bonheur et d’être aimée. Mais avant tout, tu mérites de tomber amoureuse de toi-même. Tu verras, ton monde sera bien meilleur.

À bientôt,

lafillebio

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