Pensées et Réflexions

Je suis de retour! :)

Lorsque j’ai commencé ce blogue en novembre dernier, je ne me doutais pas qu’il allait rejoindre autant de lecteurs. Je l’ai commencé avant tout dans l’intention de partager mes essais culinaires et mes péripéties de voyages ailleurs que sur Facebook. Je veux donc débuter cet article en vous remerciant sincèrement pour le temps que vous m’accordez chaque semaine. Je l’apprécie plus que vous ne savez!

Sur un ton un peu plus sérieux, j’admets m’être demandé à plusieurs reprises si je devais publier cet article ou non. Il est très personnel et le sujet dont il traite est assez récent. Par contre, comme je me suis promis que j’utiliserais la visibilité de mon blogue positivement, j’ai cru bon de vous partager mon expérience des derniers mois. En plus de vous expliquer le pourquoi de mon absence, il permettra possiblement à certaines personnes de constater qu’il y a toujours des solutions possibles lorsque la vie ne se déroule pas exactement comme prévu. La voici, la voilà… La vérité sur mon mois sabbatique :).

Vous êtes-vous déjà réveillé un matin sans avoir l’énergie nécessaire pour même sortir du lit parce que vous avez mis des heures à vous endormir la veille en tentant de calmer votre cerveau qui ne cesse de tournoyer? Vous êtes vous déjà senti tellement contraint par votre horaire que chaque petite modification ou ajout de dernière minute semblaient être la fin du monde et représenter un obstacle insurmontable ? Vous êtes-vous déjà surpris à être verbalement violent tellement vous n’arriviez pas à contenir votre impulsivité? Avez-vous déjà eu l’impression que votre cerveau en exigeait trop à votre corps malgré que ce dernier exécutait chaque tâche au point de tellement avoir besoin de repos que certains jours il vous donnait des douleurs partout? Avez-vous déjà été tellement impatient que vous vous êtes mis à pleurer par manque de solution? Pour ma part, il y a quelques semaines, je me suis retrouvée dans ce cercle interminable de nuits qui ne débutent pas et de matins qui arrivent trop tôt. Il y a quelques semaines, j’ai constaté que mon cerveau allait trop vite, que mes réactions étaient souvent injustifiées et que je perdais le fil de mes idées tout en semblant perdre qui je suis vraiment. Il y a quelques semaines, on m’a expliqué que j’avais besoin d’une médication pour contrôler tout ça. Pas un médicament pour me donner le sourire, car lui il n’est jamais parti. Pas une pilule pour m’aider à dormir, le problème ne résidait pas dans mon manque de sommeil; ce dernier ne faisant qu’augmenter les symptômes de mon trouble. Rien de tout cela. On m’a expliqué que mon cerveau fonctionnait différemment et avait besoin d’aide pour bien gérer les millions d’engagements que j’ai. Il avait besoin d’aide pour contrôler son impulsivité verbale et émotive. Il y a quelques semaines, on m’a diagnostiqué avec un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité adulte. Il y a quelques semaines, j’ai enfin eu des réponses à tellement de questionnements que j’avais envers moi-même. Il y a quelques semaines, j’ai compris pourquoi j’étais souvent en conflit avec moi-même et mes décisions. Il y a de cela quatre semaines, j’ai appris à me redécouvrir et à me comprendre.

Qu’est-ce que le TDAH
Loin de moi l’idée de faire un article scientifique sur le TDAH. Sommairement, ce qu’il faut savoir est que le cerveau d’une personne atteinte de TDAH ne sécrète pas la même quantité d’adrénaline et de dopamine qu’une personne dite normale. Plusieurs symptômes résultent de ce débalancement chimique. Cela se traduit , pour ma part, par des comportements impulsifs, de la difficulté à m’organiser (vous avez vu mon auto?!), un besoin constant d’être en action (d’où mon horaire parascolaire achalandée), une hyperémotivité et une difficulté à demeurer centrée sur une même tâche pendant une longue période. D’ailleurs, j’ai toujours eu un TDAH, mais le besoin de médication n’a jamais été présent. Le médecin m’a expliqué que souvent quand les personnes atteintes font des études supérieures ou ont plus d’éléments à leurs horaires, les symptômes amplifient et peuvent devenir plus difficiles à gérer. C’est à ce moment qu’on propose un traitement avec une médication. En ce qui me concerne, cela coïncide avec les débuts de ce blogue, le début de mes études au deuxième cycle et un horaire chargé entre le voyagement pour le travail (minimum deux heures par jour) et mes séances d’orthopédagogie.

Apprendre à me connaître…

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J’ai mis un peu de temps à accepter la prise d’une médication. J’avais peur de changer de personnalité, d’avoir l’air « stone » ou je ne sais pas quoi. Par contre, après avoir discuté avec un ami dans la même situation que moi, j’ai rapidement compris que je ne perdais rien à essayer. Je ne vous le cacherai pas, les trois premiers jours ont été pénibles. Ma vue a été affectée, j’ai eu des maux de tête insupportables, j’avais des palpitations au moindre effort et mon appétit est disparu à 90%. Cela dit, même avec ces effets indésirables, je voyais une différence dans ma capacité de rester concentrée et sur ma patience. Une fois les effets totalement dissipés, à l’exception de la perte d’appétit qui elle n’est jamais revenue à la normale, j’ai pu réellement prendre conscience de l’effet du médicament.  Pour la première fois de ma vie, mon corps répondait à ses besoins. J’étais fatiguée le soir et parvenait à dormir. J’abordais le quotidien avec beaucoup plus de rationalité. J’étais plus centrée sur la route, dans mes conversations et au travail. Rapidement, j’ai pris conscience que le médicament ne me changeait pas aucunement. Il ne faisait que m’aider à être qui je suis vraiment, sans être envahi par toutes les distractions environnantes.

En ce moment…
Je suis toujours en période d’adaptation. Je crois avoir trouvé la bonne posologie pour mon traitement, mais ce sera réévalué sporadiquement. Par contre, d’ici-là, je travaille à réapprendre ce que signifie être un adulte. Je réorganise mes obligations de manière à prioriser chacune d’entre elles. J’ai un agenda où je note tout ce qu’il ne faut pas que j’oublie, car Dieu sait que j’en oublie des trucs dans une semaine! J’apprends à gérer un horaire plus sain. J’apprends à dire non, à prendre du temps pour moi. J’apprends ce que ça représente de commencer quelque chose et de le terminer entièrement avant de passer à un autre projet. J’apprends à dire à mes élèves que je ne peux pas répondre à six questions en même temps. J’apprends à inspirer profondément lorsque j’ai l’impression que je vais exploser devant une situation frustrante ou blessante. J’apprends à gérer mon énergie et à la doser. La vie peut très bien être vécue sans être constamment vu la pédale écrasée dans le plancher. J’apprends à comprendre certains choix que j’ai faits dans le passé par impulsion. J’apprends à corriger ces erreurs-là. Par-dessus tout,  j’apprends à me pardonner et à vivre avec mon super cerveau. Il faut se le dire, il n’y a pas que du négatif à avoir un cerveau comme le mien! Il me permet de vivre des aventures incroyables, d’être hyper efficace, de développer mon sens artistique et musical. Je l’aime mon cerveau, je lui en demandais juste trop dernièrement sans être en mesure de lui fournir les outils pour arriver à tout réaliser.

Pour la suite…
Je ne peux vous cacher mes craintes quant à ce que le futur me réserve. Bien que ce ne soit pas pour demain, il est certain que je pense au fait que mon homme et moi voulons des enfants et que je devrai cesser la médication lorsque le temps viendra. De plus, comme il y a un facteur d’hérédité élevé, encore plus présent lorsque c’est la mère qui est atteinte, je suis consciente que nos enfants risquent fort probablement d’avoir un TDAH. Cela ne me dérange aucunement puisque j’ai eu une vie magnifique et énergique malgré cela et que je ne le vois pas du tout comme un mauvais sort, mais plutôt comme un ajout intéressant à une personnalité. Ma seule crainte est qu’on leur appose cette étiquette qui résonne trop souvent comme étant négative.
Aussi, comme j’étudie présentement pour être gestionnaire en éducation et que cela exige une rigueur et une grande organisation, il est certain que j’ai quelques appréhensions. Mais malgré tout ça, je demeure confiante et je regarde vers l’avant avec confiance puisque je suis persuadée que mon TDAH a été un allié dans la réalisation de mes millions de projets. Je suis bien entourée alors je suis persuadée que je saurai relever tous les défis qui vont se présenter à moi…Un jour à la fois 🙂

Une fois de plus, merci à vous tous qui continuez de me suivre malgré le petit temps mort des dernières semaines. J’ai reçu plusieurs courriels me demandant la raison de mon absence et j’ai été touché grandement par votre intérêt. Merci d’embarquer dans mes récits et mon quotidien! Ce fut un long article, mais je crois que je me devais de vous le publier chers lecteurs.

Soyez indulgents avec moi si mes publications sont plus éparpillées dans le temps, j’apprends à organiser ma vie et c’est un peu plus compliqué que la multiplication à deux chiffres.

À bientôt!

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2 réflexions sur “Je suis de retour! :)

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