Europe·Hollande·voyage

Amsterdam : la liberté au profit du péché

 »La plupart des gens croient qu’Amsterdam est la ville du péché. En réalité, c’est une ville de liberté et malheureusement, la plupart des gens sont portés à pécher lorsqu’ils sont libres. » – John Green

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Je voulais absolument débuter mon article avec cette citation, traduite par moi-même, de John Green dans le livre Nos étoiles contraires. Ce livre a fait partie de mon périple en Europe et il m’a tenu compagnie à plusieurs moments. Il a résonné profondément en moi et a influencé ma volonté de vivre et de profiter de chaque instant qui m’était donné d’avoir pendant ce voyage. Le fait que la ville d’Amsterdam soit mentionnée ainsi dans le roman a soulevé un questionnement en moi : pourquoi la liberté est-elle synonyme de contrôle pour autant de gens? Certes, il y a toujours eu des abus en ce sens, mais pourquoi ma propre mère craignait-elle pour ma sécurité dans cette ville qui selon elle était représentative de débauche totale? La réponse est simple : il faut se connaître et savoir se respecter suffisamment pour ne pas dépasser ses limites.

Il est si difficile pour moi d’organiser mes pensées lorsque vient le temps de parler de mon voyage de l’été 2014. Tout d’abord parce que ce fut un voyage extraordinaire et extrêmement enrichissant pour moi puisqu’il m’a permis de réaliser tout le courage qui sommeillait en moi. Laissez-moi vous dire que la décision de partir seule explorer l’Europe fut l’une des plus difficiles à prendre, mais elle fût totalement gratifiante. Mais par-dessus tout, mon passage à Amsterdam est venu me déboussoler mes croyances et confronter mes valeurs les plus profondes.

Le choix du transport..

Contrairement aux croyances populaires, le train n’est pas le moyen de transport le plus abordable en Europe. Pour approximativement 1h30 de plus, j’aurais pu me rendre de Bruxelles à Amsterdam pour une vingtaine d’euros de moins.  Cela dit, le train est très présent et il offre différents départs dans la même journée ce qui n’est pas négligeable lorsque vous voyagez sans trop avoir d’itinéraire spécifique. J’ai donc opté pour le train pour me rendre aux Pays-Bas. Je dois vous avouer que ce ne fut pas sans difficulté. Les affiches à la gare n’étaient pas simples et le transfert à Rotterdam n’a pas été annoncé : on m’a tout simplement indiqué de quitter le train. Tel un mouton qui prie pour que le chemin devant ne soit qu’une petite descente et non pas une falaise, j’ai suivi l’amas de voyageurs qui se dirigeait vers la plateforme adjacente. Je me suis retrouvée saine et sauve une heure plus tard à la gare Centrale d’Amsterdam.

Tout simplement charmante

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À l’instant même où j’ai mis les pieds à l’extérieur de la station pour me rendre au Tramway qui devait m’amener jusqu’à chez Delano, je suis tombée sous le charme de la ville. Les canaux, les ponts, les milliers de vélos, les édifices entassés et étroits qui ornent chaque coin de rue. Tout. Absolument tout de ce premier contact fut charmant. Heureusement, le reste de mon temps fut tout aussi agréable.

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Quelques attraits essentiels :

Le Red Light District

La Hollande a légalisé la prostitution en 2000 dans l’intention de protéger les femmes qui oeuvraient dans ce type de commerce. Que l’on soit pour ou contre cette décision légale et les changements qu’elle a engendré pour l’industrie du sexe,  le Red Light District est certainement un incontournable lors de votre passage dans la ville.  Contrairement à ce que l’on peut en croire, il ne se résume pas qu’à une rue, mais s’étend plutôt dans un quartier où se côtoient les touristes curieux, les musées à caractères sexuels et les vitrines éclairées d’une lumière rouge où se dévoilent les femmes qui souhaitent offrir leur corps aux passants en échange de quelques euros.

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J’ai visité le district en début de soirée et il n’y avait que quelques lumières d’allumées parmi la panoplie d’espace dédié à mettre en valeur son corps dans l’intention d’attirer des . Quelques rideaux fermés démontraient que la locataire de l’espace avait trouvé un client. Ce qui m’a le plus étonné est le fait que plusieurs des femmes, peu vêtues il faut se le rappeler, mangeaient, placotaient et textaient dans la vitrine, en acquiesçant à peine les regards visés sur elles.  À plusieurs reprises j’ai aperçu des jeunes voyageurs, ayant totalement perdu le contrôle sur leur capacité et leur consommation, se dandiner devant les vitrines et criant des obscénités aux femmes. Plus souvent qu’autrement, j’ai aperçu des gens qui, tout comme moi, étaient là par curiosité et quelque peu gênés d’y être. J’ai visité le musée de la Prostitution et bien qu’il ne contient pas énormément d’informations, il m’a tout de même sensibilisé au fait que malgré la légalisation de l’industrie, plusieurs femmes étaient sous l’emprise d’un homme qui gérait ses revenus et que le travail n’est pas toujours fait de façon volontaire. Le musée présentait également plusieurs histoires partagées par ces dames de la nuit. Personnellement, je ne crois pas que le coût soit représentatif de ce que nous offre le musée, mais c’est tout de même intéressant. Fait surprenant : le coût moyen est de 50 euros et la  »séance » dure en moyenne 6 minutes..

La maison d’Anne Frank

Mon premier contact avec la Deuxième Guerre mondiale s’est fait par l’entremise de la lecture du Journal d’Anne Frank en secondaire un. Bien qu’à l’époque je n’avais pas la maturité nécessaire pour comprendre la portée et le sens de ses mots, j’avais été grandement touché par son histoire. Il était donc impensable pour moi de me retrouver dans la ville où elle avait été cachée et de ne pas aller visiter l’Annexe en question.

Après avoir attendu une heure et demie au soleil plombant, j’ai préféré ne pas réserver mes billets puisque ma journée n’était pas vraiment structurée, j’ai finalement fait mon entrée dans le lieu qui a servi de refuge à la famille Frank et aux Van Pels. Dès que j’ai mis les pieds à l’intérieur, une énergie indéfinissable m’a envahi. La visite permet de se rendre jusque dans l’Annexe et de voir comment les pièces étaient arrangées. Afin de préserver l’atmosphère de leur cachette, les fenêtres sont voilées et plusieurs éléments ont été conservés de façon intacte. C’est tout sim10614389_10154623299765113_5810486633984729106_nplement indescriptible comme expérience. La visite s’est terminée dans un lobby où on nous fait visionner un court documentaire qui rend hommage à l’histoire d’Anne.

Il va de soi que le fait d’avoir été en contact avec l’histoire d’Anne Frank et d’avoir un intérêt pour la Seconde Guerre mondiale a grandement contribué à mon appréciation de la visite. Les citations que j’avais lues une décennie et demie plus tôt étaient inscrites au mur et prenaient vie. Si vous ne connaissez pas l’histoire de cette jeune fille qui est devenue un symbole important des juifs tués lors de cette tragédie causé par la haine, je vous conseille fortement de faire la lecture de son journal. Vous pouvez le commander ici.

 Les moulins de Zaanse Schans

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À quelques kilomètres au nord d’Amsterdam se retrouve un petit village historique qui représente la vie dans le pays aux 17e et 18e siècles. Il est facile d’accès en transport en commun, offre un stationnement ( 5 euros ) et la visite extérieure est gratuite. Il est possible de visiter l’intérieur d’un moulin qui est toujours fonctionnel pour quelques pièces de monnaie.

 

Markën

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En continuant notre route, nous avons décidé de nous rendre à Marken, un village de pêche traditionnel. Quoique l’île soit clairement dédiée aux touristes, il est intéressant d’observer les locaux fabriquer des sabeaux de bois sous nos yeux et de voir les gens se promener avec leur costume traditionnel. Un court arrêt à la marina pour déguster des fruits frais a permis de bien terminer la journée passée avec mon hôte Delano et Marc, un voyageur irlandais qui s’était joint à nous après avoir répondu à l’une de mes propositions sur les forums de Couchsurfing.

Les coffee shops

Lorsque je vous parlais de liberté au début de cet article, je faisais entre autres référence aux coffee shop. Pour ceux d’entre vous qui ignorent de quoi il est question, il faut d’abord savoir que la consommation de marijuana est légale et contrôlée depuis le milieu des années 1960. Alors que plusieurs sont portés à croire qu’il est possible de se procurer n’importe quel stupéfiant au dépanneur du coin, la réalité en est tout autre. Je n’entrerai pas dans les détails entourant la légalisation des drogues douces et leur contrôle, mais je
me devais de vous parler des coffeeshops puisqu’on en retrouve en quantité industrielle dans la ville. Sommairement, les coffee shops sont des commerces où l’on peut faire l’achat et la consommation de la marijuana et de certains produits dérivés issus du cannabis. Le tout est contrôlé par les 5 règles suivantes qui ont été adoptées par le parlement en 1996. :

1. Pas de drogues dures
2. Pas de publicité,
3. Respect de l’ordre public
4. Interdiction de vendre à des mineurs
5. Pas plus de 5 g vendus par transaction et par personne

Il y a autant de style de coffee shops qu’il y a de touristes qui désirent s’y rendre. Que vous soyez des adeptes ou non, il demeure néanmoins intéressant de voir le menu de ces  »cafés » qui sont tout sauf traditionnels.

 

Pour conclure…

Il existe bien sûr une multitude d’activités à faire à Amsterdam, mais cela dépend grandement de vos champs d’intérêt. J’ai visité le musée de Van Gogh et j’ai sincèrement trouvé cela pénible alors que des amateurs d’art pourraient aimer grandement. J’ai donc décidé de m’en tenir à mes coups de cœur pour cet article. Cela dit, il y a plusieurs parcs publics où il est bon de tout simplement regarder les gens passer et le transport en commun est facilement accessible pour vous permettre d’explorer ce petit bijou européen du nord au sud.  Je termine mon article en méditant ceci : il est vrai que la liberté peut parfois être épeurante, mais elle nous donne accès à l’ensemble de qui nous sommes : tant le bon que le mauvais. Il suffit de prendre les bonnes décisions.

À bientôt!

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2 réflexions sur “Amsterdam : la liberté au profit du péché

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