Pensées et Réflexions

Les magnifiques  »Daddy issues »

Si vous parlez anglais et que vous écoutez des séries dans la langue de Shakespeare, il est « safe » d’assumer que vous avez déjà entendu le terme daddy issues. Vous avez probablement ri de bon cœur en entendant des blagues sur ces filles qui ont grandi avec un père absent ou encore qui ont une relation difficile avec ce dernier et qui, comme conséquence, éprouvent de la difficulté dans leurs relations amoureuses. Pour plusieurs, les filles qui ont des daddy issues sont synonymes de filles avec un trou dans l’âme et un besoin incessant de se faire aimer au point où elles feraient pratiquement n’importe quoi pour obtenir de l’attention d’un gars. On les perçoit comme étant faciles, exigeantes, dépendantes et bien sûr, comme le veut la mode des dernières années : elles sont tout simplement folles. En attendant en file à l’épicerie aujourd’hui, j’ai entendu une conversation entre deux amis dont l’un qui disait avoir dater une ‘’Criss de folle pas de père’’ et j’ai eu envie de lui vomir au visage… Pas littéralement, mais vous pouvez vous imaginer ma réaction.

Un peu de mon histoire…

Je prends le temps d’écrire un article sur le sujet puisqu’il me touche directement. Bien que j’aille eu deux hommes marquants dans ma vie qui ont tenu le rôle que devrait jouer un père (mon défunt grand-père et mon beau-père Carl), il n’en reste pas moins que je traîne avec moi une enfance marquée par la rupture de mes parents et ce que j’en ai retenu du haut de mes sept ans est la leçon suivante : je ne vaux pas la peine d’être aimée. Je constate deux décennies plus tard que ce n’est pas le cas et que je ne peux pas laisser le comportement d’une personne gérer ma perception de moi-même. Dans la vie, il existe des hommes fidèles et d’autres infidèles au même titre qu’il y a des femmes dans les deux catégories. Il existe des hommes et des femmes qui manipulent et mentent pour obtenir ce qu’ils veulent. Il existe en effet un ensemble de qualificatifs négatifs pour décrire l’humain. Cependant, je réalise qu’il existe un autre ensemble de gens, beaucoup plus difficiles à cerner et dont l’on ne parle pas suffisamment, qui sont tout simplement bons. Par contre, il faut prendre le temps de bien se connaître et de se respecter avant de pouvoir côtoyer ce type de gens parce que vous voyez, le problème avec les daddy issues, c’est qu’ils te cicatrisent beaucoup trop jeune et laissent des marques permanentes qui font en sorte que tu ne crois pas avoir de valeur. Après tout, si tu étais importante, la personne qui a aidé à te concevoir te valoriserait… Tu es tout de même composée 50% de sa génétique. Aussi ridicule que cela puisse sembler comme énoncé, il m’a hanté pendant près de 20 ans. Comme de l’écriture hiéroglyphique égyptienne que l’on retrouve des siècles plus tard et que l’érosion et le temps n’ont pas su effacer. Mon cœur était fait de marbre et les gravures semblaient ressortir à chaque fois qu’il battait trop fort. Il ne pouvait supporter la pression de peur de briser. C’est ainsi que j’ai vécu l’ensemble de mes relations : je voulais un battement intense, mais je ressentais continuellement le besoin de l’arrêter avant de pouvoir y retrouver une stabilité de peur que quelqu’un vienne l’engraver trop durement et qu’il refuse de battre à nouveau.  La solution fut simple pendant toutes ces années : chercher de l’attention, se laisser approcher doucement et l’instant qu’il y a un risque de s’attacher ou de ressentir quelque chose assurer que la relation tombe à l’eau. Je l’ai toujours dit : il n’y a personne de mieux placer que moi pour mettre fin à mon bonheur…

Tout ceci semble fort triste, mais je vous assure qu’il y a une fin heureuse. En perdant l’homme qui a été ma figure paternelle l’an dernier, j’ai complètement perdu le sens de qui je suis. Pour la première fois de ma vie, je me suis sentie abandonnée, mais pas par choix. Je sais très bien que s’il avait eu le choix, mon grand-père serait encore à mes côtés aujourd’hui. Cela dit, et c’est très difficile pour moi d’écrire ces mots, dans les derniers mots qu’il m’a dits, il m’a fait remarquer que j’avais pris du poids et il s’inquiétait pour moi. Il me l’a dit sans malice, bien que j’aille réagit grandement, et il a simplement souri et regarder en me disant que je devais m’aimer pour pouvoir aimer comme il faut. Un an et des poussières plus tard, ses mots me pèsent encore grandement sur le cœur parce que sur le moment, et dans les mois qui ont suivi son envol, j’étais fâchée contre lui d’avoir fait cette remarque. J’étais frustrée que dans ses derniers moments il ait pris le temps de me dire que j’avais perdu le contrôle sur mon corps puisque je l’ai perçu comme si je l’avais déçu… Je ne pouvais pas accepter que le seul homme qui ait été là pour moi dans les hauts et les bas, qui ait venter mes mérites à tous ceux qui voulaient bien l’écouter, à celui qui a cru en moi et mes ambitions sans questionner la moindre décision, me critique. Il est parti, laissant un énorme trou dans mon cœur, quelques jours plus tard sans que je puisse le remercier, car je ne savais pas à ce moment-là à quel point il me démontrait combien j’avais de la valeur à ses yeux et que ce conseil n’était pas un reproche, mais plutôt une façon pour lui de me dire que je méritais mieux que ce que je me donnais à moi-même. J’ai mis près d’un an à comprendre tout cela. Je ne peux pas retourner dans le passé et recommencer cette discussion. Je peux seulement garder en tête le positif qui en ressort et continuer de travailler vers le développement de mon estime personnelle et de ma relation.

Quelques petits conseils aux chums de filles comme ça…

Ce n’est pas toujours facile. On a tendance à être émotive et à tester constamment votre implication. On va pogner les nerfs pour rien juste pour que vous puissiez nous prouver votre amour en restant. On va parfois pleurer sans raison. On va être mal à l’aise en rencontrant votre famille et qu’ils nous questionneront sur nos parents. On va probablement utiliser le sexe comme ‘’moyen de pression’’ et on se sentira parfois abandonnée parce que vous voulez une soirée seule et qu’on s’imagine automatiquement qu’on a fait quelque chose de mal. On va poser trop de questions, se faire des scénarios impossibles par moment, mais n’oubliez jamais une chose : on a une vision ancrée distortionnée de l’amour et on a malheureusement trop souvent peur d’être laissée. On vous bombardera parfois de ‘’j’comprends pas comment tu m’aimes’’ et on vous dira souvent que vous êtes niaiseux avant de vous dévoiler à 100% qui nous sommes réellement. SVP, gardez en tête que des murs ont mis des années à être construits alors il faut du temps pour les abolir. Cela dit, chaque bisou dans le front, chaque ‘’bon matin’’ envoyé au réveil, chaque sourire partagé, chaque je t’aime échangé, chaque caresse sincère, chaque petit geste permet d’enlever une brique et fait une ouverture. Le truc : il faut être patient. On vous aime réellement, on doit juste apprendre à s’aimer complètement avant.

Si ces mots peuvent rejoindre quelques-uns parmi vous chers lecteurs, j’en serai bien heureuse. C’est très long et personnel comme article, mais je ressentais le besoin de l’écrire.

Ah, et puis au dude de l’épicerie : peut-être que si tu ne traitais pas les filles de folles tu pourrais trouver celle qu’il te faut. Tu as le droit de la trouver trop intense et dépendante, mais le minimum que tu peux faire c’est la respecter. Il en existe des filles comme ça, au même titre qu’il existe des gars qui envoient des photos de leur pénis sans qu’on leur demande. Par contre, je ne me base pas sur leur situation familiale pour porter un jugement sur leur comportement.

Aimez-vous!!

À bientôt!

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